Ce que je disais VS ce que je fais

Quand on devient parent, il y a certaines choses qui changent.
Bien sûr, on peut parler des priorités, de la gestion (ou de l’absence) du temps, mais aussi de l’émerveillement, du bonheur, de  l’amour qui semble faire exploser votre poitrine (l’amour… ainsi que que les montées de lait…). Oui bon. on pourrait parler guimauve des heures durant.

Mais ce qui change également, ce sont les principes de cette jeune personne que vous étiez « jadis ». Vous savez? Celle qui, voyant ses amis nouvellement adoubés parents, montait les yeux au ciel en se disant « oui bien moi, quand je serais mère, je saurais tenir mes mômes ». Et bien, ce soir je vous dis tout. Voilà pourquoi cette jeune personne (moi) ne tiendra pas parole.

Avant, je disais que je ne partagerais pas les exploits de la chair de ma chair sur les réseaux. Ni ne mettrais leur frimousse en photo sous le nez de tout le monde.
En réalité, ces deux petits êtres mis au monde sont sans doute loin d’être parfaits ou surprenants pour mon « réseau », mais voilà.  Quand on a porté 9 mois chacun d’eux,  qu’on a souffert comme un chien donné de sa personne et que par conséquent nos enfants sont un peu notre « création », un mot nous met en émoi, un dessin nous semble une œuvre majeure, façon cubisme, et même parfois une première expérience au pot devient une aventure plus périlleuse que l’épreuve des poteaux de Koh Lanta. Il nous est alors parfois difficile de nous réfréner. ça va passer. Ou pas.

Le salon resterait une pièce d’adultes (hu hu hu)

Avant je disais que jamais mon salon, ô grand jamais ne ressemblerait à la maison de Mickey. La pièce resterait une pièce d’adultes (hu hu hu). Les jouets? Dans la chambre des enfants bien entendu! (sous le regard amusé de parents confirmés à qui on ne la faisait pas). Aujourd’hui, j’ai compris que ce qui compte, du moins en ce moment, c’est le temps, et non la déco. Qu’un enfant qui joue sagement dans sa chambre avant ses 3 ans est une douce utopie (ou un danger. Su vous ne l’entendez pas, il y a de fortes chances qu’il dessine sur le papier peint) Et surtout, que mon idée de tout ranger une fois les enfants couchés était complètement irréelle. Pour tout avouer, quand les parents réussissent à coucher leurs enfants tôt, ils ont plutôt tendance à ramper jusqu’au canap, un verre à la main, en repoussant les obstacles (voitures, cubes) du pied.

Avant, je disais qu’avoir un bébé ne m’empêcherait certainement pas de sortir chez des amis (avec eux, j’entends). Là,un point s’impose. Ce n’est pas un manque de volonté. Nous avons toujours envie de voir nos amis, de refaire le monde, de nous changer les idées. Non nos cerveaux ne sont pas devenus mous et vieux (quoique) Mais, nous agissons stratégiquement. Si une invitation tombe dans une période où la dernière dort par intermittence, que le fait de la « transférer » du véhicule au salon et vice versa risque de lui faire vivre un jet lag… il n’est pas rare qu’on abandonne. Parce qu’on sait que derrière le temps joyeux passé avec les amis , un jeune parent se tape souvent 2h40 de « remise en conditions ». Du coup on fait des gouters, et chez nous. C’est plus prudent. (Mais on reviendra hein.)

Avant, je me disais « haan, c’est quand même fou cette mère qui laisse ses enfants s’agiter dans le train, elle est pas seule que diable (oui, que diable)  » en montant le volume de mon lecteur mp3 (et vu les regards des gens aux alentours, je n’étais pas la seule.)
Alors là, changement total de point de vue. Désolée messieurs dames, mais la plupart du temps, si je me retrouve avec mes petits (ambianceurs) anges, c’est que je n’ai pas vraiment eu le choix. Ils sont excités et énervés par le voyage ? J’ai prévu des diversions… souvent épuisées en 15 minutes. Personnellement, je viens donc aussi de gérer 2 couches, un biberon qui dégouline, le crayon de couleur qui tombe 18 fois par terre sous le siège et le sac plein qu’il faut vider devant le contrôleur pour en sortir le billet glissé tout au fond . Donc il y a un moment où je me pose, je respire, et je me dis que l’entourage survivra à deux heures de « maman c’est quoi cette maison, c’est quoi cette vache? (bien, une vache) ». Deal with it guys !

 

 

 

Dodo, l’enfant do… (oui mais quand?)

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En tête des questions les plus posées (et les plus inutiles) lorsque vous rencontrez votre voisin/boulangère/grand-tante, accompagnée de votre précieux …. arrive sans surprise le fameux « Et alors? il/elle fait ses nuits? ».
A la vue de votre teint cireux et de vos cernes creusées, il est clair que votre interlocuteur ne regarde que ce chérubin souriant et non votre expression désabusée (puis vous êtes une jeune mère, vous être donc par nature rayonnante, ne l’oubliez pas!). Car voilà, il arrive très souvent que votre enfant ne fasse PAS ses nuits. Du moins pas celles que vous attendiez (Bonjour! j’ai commandé du 20h-8h30…c’est pour quand hein? HEIN?).

Alors, je propose un concept : si vous n’êtes pas vous aussi en train de galérer avec un enfant qui a décidé de se manifester toutes les 2 heures, ayez l’obligeance de nous « lâchez la grappe avec votre question à la con noix ».

Déjà, parce que, bizarrement, vous êtes souvent fourbes. A savoir que l’intervention comporte souvent deux temps comme suit : 1er temps :  la question elle-même.  2ème temps : « Oh tiens c’est étrange, moi, ma petite dernière a mis approximativement 8 jours à faire ses nuits, une vraie marmotte (avec option « regard empli de fierté) ». Bim! Merci, je me sens donc beaucoup mieux avec mes nuits incomplètes depuis 7 mois. D’ailleurs je vous laisse, je vais allez pleurer un petit peu.  (Si ça peut rassurer certaines d’entre vous, sachez que ces personnes mentent ou ont une mémoire sélective qui occulte les mauvaise nuits (ou ont mis leur enfant en pension chez les grand-parents))

De deux, la réponse inverse, dans un souci de solidarité certes, est également flippante : « Ha bah, écoute, je te souhaite bien du courage, chez nous Adrien, n’a jamais su dormir jusqu’à ses 5 ans et demi. » Parfait. Qu’on m’apporte du Lexomil.

Mais enfin, et surtout, parce que cette pression est tout simplement stupide. Pourquoi l’enfant devrait-il dormir d’un trait tout de suite? Pourquoi est-ce si important? Et pourquoi chacun s’acharne à savoir si oui ou non nous parvenons à faire dormir notre enfant?? A dire, vrai, j’ai 32 ans, et il est encore rare que je ne me lève pas moi-même dans la nuit pour me rafraîchir (ou faire pipi (mercredi confession)) et pourtant je suis, je pense, autonome et en pleine santé. Alors quand j’ai dû admettre que malgré tous nos efforts, notre loukoum se complaisait dans une nuit en plusieurs fois, mais allait bien, ne plus me mettre de pression a été d’un grand réconfort. Il a été ainsi un moment, et petit à petit, je note une nette progression. De 2 heures de sommeil, il est passé à 4 puis 6… Un effort que j’ai salué à chaque fois, malgré mon envie de mettre des boules Quiès et de m’offrir une cure de sommeil. Et depuis quelques jours, il cumule 8 ou 9 heures…. Les nuits ne se ressemblent pas et je sais qu’il y aura encore des nuits blanches. Mais sans de pression, bientôt, je le sens, nos nuits seront aussi belles que nos jours.

PS : Vous avez sans doute noté que je ne parlais pas du rôle du père, la nuit. Par définition, les pères, quand ils dorment sont sourds… (quelqu’un pour me contredire?)