C’est la (ma) rentrée !

Il a souhaité boutonner sa petite veste en jean, enfiler les bretelles de son sac « Flash Mc Queen », a rechigné quelques secondes à grimper dans la voiture, mais a accéléré le pas lorsque nous sommes arrivés devant le portail où se pressaient des couples de parents.

Aujourd’hui, 1er septembre 2016, c’était la rentrée de mon fils. La première, la plus attendue. Bon, pour être honnête, il connaissait déjà l’école, pour y avoir été accepté en janvier dernier. Mais des rentrées de septembre, quand le matin se veut frais et que les après-midi sont estivaux, il n’en connaissait pas. Ni les deux maîtresses qui se partageront la semaine. C’est donc un challenge de plus à son actif. Et je ne suis pas peu fière de ce petit bonhomme, qui semble posséder un appétit et une curiosité sans limite.

Puis, nous sommes allés conduire sa petite sœur à sa crèche. Un doudou dans une main, deux petits doigts dans la bouche, son signe particulier. Aucun pleur, une routine qu’elle accepte. Qui la rassure si j’en crois sont regard.

Alors bien sûr, je pourrais parler du temps qui file, de la nostalgie, du manque de mes canetons (parce qu’ils me suivent en piaillant). Mais en fait… non.

Parce qu’aujourd’hui aussi, c’est ma rentrée à moi. Ma première depuis plus de 3 ans. Celle où je me retrouve enfin seule quelques heures chez moi, des articles à rédiger sur mon planning, un café (voire deux ou trois) à boire tranquillement et jusqu’au bout (quand tu as des enfants, tu connais le syndrome de la tasse qui refroidit sur le coin d’un meuble!). Des projets quoi. Pour moi, pour mon activité.

J’étais de ces enfants qui regrettaient les longues soirées d’été mais qui aimaient la rentrée. L’odeur des fournitures neuves, la perspective de revoir ses amis, de reprendre une vie sociale, de construire des choses, et d’apprendre.

Et aujourd’hui tout me revient. Et je pense que je ne suis pas la seule. Alors après un été qui s’est étiré joliment, je le dis aux enfants mais surtout aux parents : bonne rentrée à tous!

 

 

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Ce que je disais VS ce que je fais

Quand on devient parent, il y a certaines choses qui changent.
Bien sûr, on peut parler des priorités, de la gestion (ou de l’absence) du temps, mais aussi de l’émerveillement, du bonheur, de  l’amour qui semble faire exploser votre poitrine (l’amour… ainsi que que les montées de lait…). Oui bon. on pourrait parler guimauve des heures durant.

Mais ce qui change également, ce sont les principes de cette jeune personne que vous étiez « jadis ». Vous savez? Celle qui, voyant ses amis nouvellement adoubés parents, montait les yeux au ciel en se disant « oui bien moi, quand je serais mère, je saurais tenir mes mômes ». Et bien, ce soir je vous dis tout. Voilà pourquoi cette jeune personne (moi) ne tiendra pas parole.

Avant, je disais que je ne partagerais pas les exploits de la chair de ma chair sur les réseaux. Ni ne mettrais leur frimousse en photo sous le nez de tout le monde.
En réalité, ces deux petits êtres mis au monde sont sans doute loin d’être parfaits ou surprenants pour mon « réseau », mais voilà.  Quand on a porté 9 mois chacun d’eux,  qu’on a souffert comme un chien donné de sa personne et que par conséquent nos enfants sont un peu notre « création », un mot nous met en émoi, un dessin nous semble une œuvre majeure, façon cubisme, et même parfois une première expérience au pot devient une aventure plus périlleuse que l’épreuve des poteaux de Koh Lanta. Il nous est alors parfois difficile de nous réfréner. ça va passer. Ou pas.

Le salon resterait une pièce d’adultes (hu hu hu)

Avant je disais que jamais mon salon, ô grand jamais ne ressemblerait à la maison de Mickey. La pièce resterait une pièce d’adultes (hu hu hu). Les jouets? Dans la chambre des enfants bien entendu! (sous le regard amusé de parents confirmés à qui on ne la faisait pas). Aujourd’hui, j’ai compris que ce qui compte, du moins en ce moment, c’est le temps, et non la déco. Qu’un enfant qui joue sagement dans sa chambre avant ses 3 ans est une douce utopie (ou un danger. Su vous ne l’entendez pas, il y a de fortes chances qu’il dessine sur le papier peint) Et surtout, que mon idée de tout ranger une fois les enfants couchés était complètement irréelle. Pour tout avouer, quand les parents réussissent à coucher leurs enfants tôt, ils ont plutôt tendance à ramper jusqu’au canap, un verre à la main, en repoussant les obstacles (voitures, cubes) du pied.

Avant, je disais qu’avoir un bébé ne m’empêcherait certainement pas de sortir chez des amis (avec eux, j’entends). Là,un point s’impose. Ce n’est pas un manque de volonté. Nous avons toujours envie de voir nos amis, de refaire le monde, de nous changer les idées. Non nos cerveaux ne sont pas devenus mous et vieux (quoique) Mais, nous agissons stratégiquement. Si une invitation tombe dans une période où la dernière dort par intermittence, que le fait de la « transférer » du véhicule au salon et vice versa risque de lui faire vivre un jet lag… il n’est pas rare qu’on abandonne. Parce qu’on sait que derrière le temps joyeux passé avec les amis , un jeune parent se tape souvent 2h40 de « remise en conditions ». Du coup on fait des gouters, et chez nous. C’est plus prudent. (Mais on reviendra hein.)

Avant, je me disais « haan, c’est quand même fou cette mère qui laisse ses enfants s’agiter dans le train, elle est pas seule que diable (oui, que diable)  » en montant le volume de mon lecteur mp3 (et vu les regards des gens aux alentours, je n’étais pas la seule.)
Alors là, changement total de point de vue. Désolée messieurs dames, mais la plupart du temps, si je me retrouve avec mes petits (ambianceurs) anges, c’est que je n’ai pas vraiment eu le choix. Ils sont excités et énervés par le voyage ? J’ai prévu des diversions… souvent épuisées en 15 minutes. Personnellement, je viens donc aussi de gérer 2 couches, un biberon qui dégouline, le crayon de couleur qui tombe 18 fois par terre sous le siège et le sac plein qu’il faut vider devant le contrôleur pour en sortir le billet glissé tout au fond . Donc il y a un moment où je me pose, je respire, et je me dis que l’entourage survivra à deux heures de « maman c’est quoi cette maison, c’est quoi cette vache? (bien, une vache) ». Deal with it guys !

 

 

 

Chacun son rythme (mais certains sont mieux que d’autres)

Aujourd’hui, mon fils de tout juste 3 ans est rentré de son école en s’exclamant plusieurs fois « Maman, j’aime bien l’école ! ». Chose qu’il avait répété à l’envi aussi dans l’intimité de la voiture de son papa, sur le trajet du retour.

Ma première réaction a été, je l’avoue et je sais que c’est un poil exagéré, d’être gonflée de fierté. C’est fou comme une mère a cette capacité d’extrapoler : « Bon sang c’est génial mon fils aime apprendre, découvrir, quel bon démarrage dans la vie ! » Limite je me suis dit qu’il ferait de grandes études. Puis je me suis calmée.

Certes, entendre ça est une bonne chose. Et sans doute moins compliqué à encaisser qu’un « bon maman j’y retourne plus, je déteste ça » (surtout qu’à 3 ans, ça se traduirait davantage par un « NOOOOOON » assorti de larmes et de morve.)

Mais tout n’est pas gagné. Oui, à 3 ans il aime l’école. Et qui pourrait s’en plaindre ! La petite section est faite d’activités enchaînées au rythme de leur attention (soit aux changements fréquents). Le tout mené pour éveiller leur appétit d’apprentissage : puzzle, puis histoires, puis chants, puis peinture, puis ballons et trottinette dans la cours, puis repas, puis sieste. Puis encore d’autres activités manuelles, puis éveil musical, puis goûter… Il faudrait tout de même être de bien mauvaise foi pour ne pas aimer le programme !

C’est un peu comme si moi on me proposait une journée de ce type : peinture pour réveiller l’esprit, chant et danse dans mon salon, lecture d’histoires, repas avec des copines, sieste (Oh mon dieu oui!), petite balade quand il fait beau, (film quand il pleut!) et relaxation avant de reprendre la vie de famille.

J’ai envie d’aller vivre en petite section.

Dodo, l’enfant do… (oui mais quand?)

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En tête des questions les plus posées (et les plus inutiles) lorsque vous rencontrez votre voisin/boulangère/grand-tante, accompagnée de votre précieux …. arrive sans surprise le fameux « Et alors? il/elle fait ses nuits? ».
A la vue de votre teint cireux et de vos cernes creusées, il est clair que votre interlocuteur ne regarde que ce chérubin souriant et non votre expression désabusée (puis vous êtes une jeune mère, vous être donc par nature rayonnante, ne l’oubliez pas!). Car voilà, il arrive très souvent que votre enfant ne fasse PAS ses nuits. Du moins pas celles que vous attendiez (Bonjour! j’ai commandé du 20h-8h30…c’est pour quand hein? HEIN?).

Alors, je propose un concept : si vous n’êtes pas vous aussi en train de galérer avec un enfant qui a décidé de se manifester toutes les 2 heures, ayez l’obligeance de nous « lâchez la grappe avec votre question à la con noix ».

Déjà, parce que, bizarrement, vous êtes souvent fourbes. A savoir que l’intervention comporte souvent deux temps comme suit : 1er temps :  la question elle-même.  2ème temps : « Oh tiens c’est étrange, moi, ma petite dernière a mis approximativement 8 jours à faire ses nuits, une vraie marmotte (avec option « regard empli de fierté) ». Bim! Merci, je me sens donc beaucoup mieux avec mes nuits incomplètes depuis 7 mois. D’ailleurs je vous laisse, je vais allez pleurer un petit peu.  (Si ça peut rassurer certaines d’entre vous, sachez que ces personnes mentent ou ont une mémoire sélective qui occulte les mauvaise nuits (ou ont mis leur enfant en pension chez les grand-parents))

De deux, la réponse inverse, dans un souci de solidarité certes, est également flippante : « Ha bah, écoute, je te souhaite bien du courage, chez nous Adrien, n’a jamais su dormir jusqu’à ses 5 ans et demi. » Parfait. Qu’on m’apporte du Lexomil.

Mais enfin, et surtout, parce que cette pression est tout simplement stupide. Pourquoi l’enfant devrait-il dormir d’un trait tout de suite? Pourquoi est-ce si important? Et pourquoi chacun s’acharne à savoir si oui ou non nous parvenons à faire dormir notre enfant?? A dire, vrai, j’ai 32 ans, et il est encore rare que je ne me lève pas moi-même dans la nuit pour me rafraîchir (ou faire pipi (mercredi confession)) et pourtant je suis, je pense, autonome et en pleine santé. Alors quand j’ai dû admettre que malgré tous nos efforts, notre loukoum se complaisait dans une nuit en plusieurs fois, mais allait bien, ne plus me mettre de pression a été d’un grand réconfort. Il a été ainsi un moment, et petit à petit, je note une nette progression. De 2 heures de sommeil, il est passé à 4 puis 6… Un effort que j’ai salué à chaque fois, malgré mon envie de mettre des boules Quiès et de m’offrir une cure de sommeil. Et depuis quelques jours, il cumule 8 ou 9 heures…. Les nuits ne se ressemblent pas et je sais qu’il y aura encore des nuits blanches. Mais sans de pression, bientôt, je le sens, nos nuits seront aussi belles que nos jours.

PS : Vous avez sans doute noté que je ne parlais pas du rôle du père, la nuit. Par définition, les pères, quand ils dorment sont sourds… (quelqu’un pour me contredire?)

 

De chair et d’amour

Huit mois et quelques jours qu’il est arrivé. Que mon corps a été incisé pour que mon enfant puisse naître. Là, devant moi, le miroir me renvoie une image nette et concrète. Certes, ma peau est devenue plus « étirable » dirais-je. Les rondeurs, un peu plus « souples »… Et ici, dans le bas de mon ventre, une cicatrice de 12 centimètres prend la forme d’un sourire…

Comme cela se lit, j’ai une idée assez bienveillante de ce corps qui a aujourd’hui une histoire.

Cela n’a pas toujours été le cas. Etre enceinte peut-être violent pour ce soi que l’on connait par cœur et dont on accepte les atouts et les défauts. Et qui, vlan, devient autre! Cela l’a été pour moi (j’en reparlerai probablement). Mais aujourd’hui, alors que la « tempête » est passée,  finalement je le trouve beau, ce corps. Bien loin d’être parfait, bien loin des critères des magazine. Mais vrai, ultra féminin et témoin de ce qui s’est passé en moi. (Je précise tout de même que je n’ai pas muté en lion de mer pour autant)

Voilà pourquoi j’ai été bluffée par le travail d’une artiste américaine, Jade Beall, qui a mis en lumière (et en photographies) des femmes, leur corps, leur peau, sans rien cacher de leurs marques. Et devinez quoi? Le résultat est à la fois beau et émouvant, sans non plus être dégoulinant, on appréciera. Il ne plaira sans doute pas aux amateurs de fesses rebondies, et aux seins parfaits, mais voir ses femmes assumant leur transformation est une jolie leçon qui, je pense à a de quoi rebooster toute nouvelle maman qui trouverait ses vergetures disgracieuses. A voir donc.

http://www.abeautifulbodyproject.com/

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Le premier jour du reste de ma vie

Tout a commencé par une petite barre bleue de quelques millimètres. Une barre qui, en s’affichant, voulait dire « positif », mais qui pouvait tout aussi bien me dire « hé ouais, tu ne t’y attendais pas hein? » ou encore « A partir de maintenant, tu peux te brosser pour faire des nuits complètes ».

A cet instant de votre lecture, chacun se dit « damned, encore un blog mielleux de fille victime de ses hormones ». on pourrait le croire. Concevoir un être et s’en émerveiller chaque jour, trouver un nouveau sens à sa vie, n’est-ce pas ça avoir un enfant ? Et pourtant, ce que je j’ignorais c’est que l’apparition de ce petit trait sur mon test de grossesse n’était que le début d’un enchaînement de surprises, de claques, de découvertes, heureuses et inattendues. Et qu’être mère serait tout, sauf un long fleuve tranquille.

Déjà parce que le jour où j’ai su que j’étais enceinte, j’étais approximativement à 16 000 km de mes proches, et un peu démunie de moyens de communication (puis dire par sms et smiley « LO, ici tout va bien. Ps : je suis juste enceinte ;-b », je ne le sentais pas trop). Mais aussi parce que j’ai été du genre, surprise par une telle annonce, à passer les deux premiers mois à flipper grave me poser des questions légitimes sur la suite de ma vie. Une phase que mon médecin, une fois rentrée en France a résumé en une analyse brève, mais juste : » Vous êtes comme toutes ces femmes de 30 ans qui pensent mettre un an à tomber enceinte, le temps de se faire à l’idée, et qui découvrent en 2 mois que le tour est joué ».

Le tour était donc joué. Et j’allais devenir maman.

Le rôle le plus fort de ma vie.

PS : Je compte pour l’heure aussi garder mon premier blog. Les allergiques aux couches culottes peuvent donc respirer tranquille.